À propos

« Comment retrouver les nourritures perdues ?

Nous savons, qu’il suffit de peu, de très peu pour que remontent les souvenirs : une gorgée de café, l’odeur d’une tranche de pain qui grille sur les braises de la cheminée, une gouttelette presque impalpable d’odeur et de saveur, et voilà que dans une palpitation remonte á la surface de la conscience tout un monde que l’on croyait aboli.

C’est avec respect que la fille recevait de sa mère les cahiers où étaient notées les recettes de ses parents et grands parents auxquelles elle ajoutait les siennes et celles données par une voisine ou recopiées d’un magazine.

Ainsi, par le secours de la tradition et du souvenir entremêlés, l’esprit convoque et remodèle les nourritures de l’enfance. Mais cette expérience si précieuse, décisive dans la mémoire individuelle, ne vaut que pour certaines nourritures disparues – celles de notre propre passé. Quand il s’agit de ce passé que nous n’avons pas vécu, des nourritures des autres et des générations antérieures, alors il ne peut y avoir ce miracle du temps retrouvé. Est-ce à dire qu’elles soient abandonnées définitivement hors de la mémoire ? En fait, c’est une autre mémoire qu’il faut interroger, la mémoire collective sédimentée dans des traces orales ou écrites, tout juste à coté de ces chansons qui berçaient notre enfance dans les bras de « mamie » Ce sont ces archives que l’ethno-cuisinier explore, note et traduit ces recettes transmises par le bras de la cuisinière.

Sucre et Passion dans son blog ignore le bifteck, la boite de conserve et la baguette du boulanger, ce qui ne veut pas dire qu’il ne les connait pas, mais il ne les a pas intégrés dans son quotidien. Il nous invite à retrouver un temps où la cuisine variait au rythme des saisons et des travaux des champs.

Voilà sans doute ce qui distingue d’entrée de jeu la « basse cuisine » de l’autre, celle des tables distinguées et des traites gastronomiques produits par de grands chefs: elles n’ont pas la même temporalité. La « haute cuisine », revendique le temps court mieux : elle l’appelle de tous ses vœux, elle exige pour être légitime la création qui est extemporanée ou le renouvellement, qui est immédiat. L’autre, la « basse cuisine », s’inscrit dans un temps sans hâte. Elle répugne à se projeter dans le futur, elle proclame sa fidélité au passé, elle se dit de longue tradition.

Et voici l’ambition de ce blog : retrouver les nourritures d’un long passé qui fut le nôtre, ce sont les nourritures de la majorité des Quercynois, les pratiques alimentaires ordinaires des gens ordinaires. »

Toulouse le 19/11/2015

Jacques Bernadou

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